Le microcrédit est un type de financement mis en place pour aider les personnes exclues du système de prêt bancaire classique en raison d’un manque de garanties, d’un faible revenu ou d’une situation professionnelle précaire. Bien que méconnu, il constitue une alternative efficace pour financer un projet de création ou de reprise d’entreprise. Découvrez la définition du microcrédit professionnel, son fonctionnement et les organismes habilités à l’accorder.
Microcrédit professionnel : de quoi s’agit-il ?
Un financement alternatif aux prêts bancaires
Créé en 1988, le microcrédit professionnel est un dispositif financier destiné à accompagner les porteurs de projets entrepreneuriaux qui n’ont pas pu accéder aux crédits bancaires traditionnels, dû à leurs faibles revenus ou à leur situation sociale précaire (demandeurs d’emploi, bénéficiaires de minima sociaux…).
Comme son nom l’indique, il s’agit d’un crédit de faible montant (plafonné à 17 000 euros en 2025 en France) qui s’adresse aux entrepreneurs ou aux micro-entrepreneurs. Ce financement peut servir à créer ou à reprendre une entreprise, mais aussi à développer ou à pérenniser une activité professionnelle déjà existante.
Le microcrédit permet notamment de financer l'achat de matériel informatique, d’équipements, d’un véhicule professionnel, de stocks… Il peut également être utilisé comme apport personnel pour obtenir un prêt bancaire d’un montant plus conséquent. Le microcrédit peut donc être souscrit à la place ou en complément d’un prêt bancaire.
Alors que les prêts classiques sont principalement octroyés par des banques, les microcrédits sont accordés par des associations habilitées ou des réseaux de financement de création d’entreprise. La plupart de ces structures agissent comme intermédiaires entre le demandeur et l’organisme prêteur.
Un accompagnement social
La spécificité du microcrédit professionnel est qu’il est assorti d’un accompagnement social pendant toute la durée du remboursement du microcrédit, voire au-delà. Cet accompagnement prend plusieurs formes en fonction des besoins du porteur de projet : il peut s'agir d’une formation en comptabilité, d’une aide aux démarches administratives, de conseils en développement commercial, d’une mise en réseau… Pour l’organisme spécialisé dans le microcrédit, l’objectif de ce suivi personnalisé est de maximiser les chances de réussite du bénéficiaire et d’assurer la pérennité de l’entreprise.
À noter : le microcrédit professionnel se distingue du microcrédit personnel. Ce dernier s'adresse aux personnes disposant de faibles revenus et sert à financer un projet de réinsertion professionnelle ou sociale (achat d’une formation, financement d’un permis de conduire, achat d’un véhicule nécessaire à l’exercice d’un emploi…).
Selon le rapport de l’Observatoire de l’inclusion bancaire 2023, on dénombre 80 947 microcrédits professionnels accordés en 2023 pour un montant total de 751 millions d’euros.
Qui peut demander un microcrédit professionnel ?
En théorie, tous les porteurs de projets entrepreneuriaux peuvent demander un microcrédit professionnel. Cependant, en pratique, ce type de financement est réservé aux entrepreneurs ou aux futurs entrepreneurs qui n’ont pas accès aux prêts bancaires traditionnels.
Pour obtenir un microcrédit, plusieurs critères sont requis :
- le demandeur n’a pas pu obtenir un crédit classique auprès d’une banque ;
- le demandeur exerce ou prévoit d’exercer une activité entrepreneuriale en France ;
- l’entreprise concernée doit être en cours de création ou avoir moins de 5 ans d’existence ;
- l’entreprise ne doit pas employer plus de 3 salariés.
Le microcrédit peut être accordé à un entrepreneur quel que soit le secteur d’activité (commercial, artisanal, libéral…) ou la forme juridique de l’entreprise (micro-entreprise, SARL, SASU…).
En fonction de l'organisme de microcrédit, des conditions supplémentaires peuvent être exigées. Par exemple, l’association ADIE, un des principaux acteurs dans l’octroi de microcrédits, exige qu’une tierce personne se porte garante pour couvrir au moins 50 % du montant emprunté. De même, pour certains organismes, comme Créasol, la future entreprise doit obligatoirement être implantée dans une région particulière.
Chaque dossier est évalué individuellement. L'organisme examine notamment la faisabilité du projet entrepreneurial, ainsi que la capacité de remboursement du demandeur.
Comment fonctionne le microcrédit professionnel ?
Le montant maximum d’un microcrédit professionnel est fixé à 17 000 euros (depuis le 5 décembre 2024), contre 12 000 euros auparavant. Dans la plupart des cas, les prêts accordés sont inférieurs à 10 000 euros.
Le microcrédit professionnel est un prêt rémunéré, ce qui signifie que le bénéficiaire doit rembourser des intérêts. Les taux d’intérêt, fixés par les organismes prêteurs, sont généralement plus élevés que ceux appliqués par les banques traditionnelles et se situent entre 8 % et 12 %. La durée d’emprunt ne peut pas excéder 5 ans.
S’il le souhaite, l’emprunteur peut rembourser son microcrédit professionnel par anticipation, sans frais, ni pénalités. Cependant, il lui est en principe interdit de souscrire un deuxième microcrédit professionnel tant que le premier n’a pas été intégralement remboursé, intérêts compris.
Pour sécuriser ces prêts, l’État intervient via le Fonds de cohésion sociale (FCS), qui garantit entre 50 % et 80 % des montants accordés. Créé en 2005, ce fonds a été mis en place pour sécuriser les prêts octroyés par les structures de microcrédit et faciliter l’accès au financement pour les personnes à faibles revenus ou en situation professionnelle précaire.
Enfin, certains organismes prêteurs, comme l’ADIE, peuvent exiger qu’un tiers se porte garant pour couvrir une partie du montant emprunté.
Comment demander un microcrédit professionnel ?
S’adresser à un organisme de prêt spécialisé
En France, les microcrédits professionnels ne sont pas distribués par des banques classiques. Leur attribution repose sur une coordination entre plusieurs acteurs, tels que des associations, des collectivités territoriales et des réseaux spécialisés. Ces organismes agissent comme intermédiaires entre le demandeur et les établissements prêteurs pour étudier les dossiers et accompagner les bénéficiaires.
Pour demander un microcrédit, il est nécessaire de se tourner vers des structures spécialisées dans la microfinance, parmi lesquelles :
- les associations habilitées par le Code monétaire et financier, telles que l’ADIE (l’Association pour le droit à l'initiative économique) qui est un des principaux distributeurs de microcrédit en France, ou encore Créasol (Institut de Microcrédit) ;
- les réseaux spécialisés dans l’accompagnement et le financement de la création d’entreprise : France Active, Réseau entreprendre, Initiative France, BGE… ;
- les réseaux bancaires agréés par le Fonds de Cohésion Sociale ;
- les structures associatives locales : la Croix-Rouge, le Secours catholique, les missions locales… ;
- la Chambre des Métiers et de l’Artisanat (CMA).
À noter : la Banque de France met à disposition des entrepreneurs une liste des organismes spécialisés dans l’octroi de microcrédits, en fonction du département de résidence. Vous pouvez également vous adresser à la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) ou à la CMA pour obtenir des recommandations adaptées.
Préparer un dossier de demande de financement
Après avoir choisi la structure et vérifié votre éligibilité, vous devez préparer votre dossier de demande de microcrédit professionnel. Les pièces demandées varient selon la structure, mais comprennent généralement :
- une pièce d’identité ;
- un justificatif de revenus ;
- un justificatif de domicile ;
- les derniers relevés de comptes bancaires personnels ou professionnels (si vous avez déjà créé une entreprise) ;
- si nécessaire, le business plan de votre projet de création ou de reprise d’entreprise.
Bon à savoir : le business plan est le document qui sert à présenter votre projet à l’organisme de prêt. Il détaille vos objectifs, les stratégies à mettre en place, vos prévisions financières et vos capacités de remboursement. Ce document permet à l’organisme prêteur d’évaluer la faisabilité et la solidité de votre projet. La majorité des organismes spécialisés dans l’accompagnement à la création d’entreprise peuvent vous aider à élaborer un business plan.
Le microcrédit professionnel peut-il être cumulé avec d’autres financements ?
Le microcrédit professionnel peut venir en complément d’autres types de financement (comme un prêt bancaire classique) ou d’aides financières spécifiques. En effet, ce dispositif est souvent utilisé comme un levier pour convaincre d’autres acteurs financiers.
Par exemple, le microcrédit professionnel peut être cumulé avec le prêt d’honneur, qui est un financement accordé par les organismes publics (État, collectivités locales…) sans intérêts, ni demande de garantie. Il est aussi complémentaire avec les primes exceptionnelles de 1 000 euros accordées par l’ADIE aux jeunes entrepreneurs de moins de 30 ans.
Enfin, si vous êtes inscrit en tant que demandeur d’emploi, le microcrédit professionnel est cumulable avec d’autres dispositifs, tels que :
- l’ACRE (aide à la création ou à la reprise d'une entreprise) qui permet à l’entrepreneur de bénéficier d’une exonération partielle de ses cotisations sociales durant la première année d’activité ;
- l’ARCE (aide à la reprise et à la création d'entreprise) qui consiste à percevoir une partie de ses allocations de retour à l’emploi sous forme de capital.
Pour vérifier votre éligibilité, n’hésitez pas à vous rapprocher de structures spécialisées comme l’ADIE, France Active, Réseau Entreprendre ou Initiative France. Ces organismes peuvent vous accompagner dans vos démarches et vous aider à identifier les aides financières les plus adaptées à votre projet entrepreneurial.